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Memoria de la esperanza. 05.11

Exhumación en La Mazorra, Burgos.

Luisa, a sus 88 años, ha llegado desde París con la esperanza de encontrar los restos de su padre enterrados junto a otros diez hombres y dos mujeres.

Cuando tenía 13, un 18 de noviembre de 1936, en el valle de Valdivieso, los falangistas organizaron una saca de presos de la cárcel de Villarcayo. Presos que eran vecinos y vecinas de la Merindad de Sotoscueva, Burgos, a los que asesinaron. Luisa quedó huérfana y al cargo de sus hermanos.

Los restos de los asesinados han permanecido desde entonces en el puerto de La Mazorra, maniatados, apenas a 50 metros de la carretera de Burgos a Valdenoceda. También han permanecido en la memoria del conductor de autobús de línea que casi presenció los hechos, y en la de los familiares y vecinos de los entonces desaparecidos.

Hasta hace unos años, y desde la muerte del dictador Franco, decenas de velas iluminaban cada noche ese campo cercano a la carretera.

Del 5 al 8 de mayo, un equipo de voluntarios de la Sociedad de Ciencias Aranzadi, coordinado por el médico forense Paco Etxeberria, se ha encargado de la exhumación de estos trece represaliados. Ni la impresionante tormenta caída durante la noche del viernes pudo impedir que finalmente se llevaran a cabo los trabajos.

Desde el primer momento han permanecido junto a ellos y a pie de fosa Pedro, hijo de otro desaparecido entonces, y Elisa, su sobrina. El sábado decenas de familiares acudieron al lugar para facilitar su ADN a los miembros de Aranzadi, con la esperanza de que, esta vez, entre aquellos restos se encuentren los de los suyos.

Pasará tiempo hasta que se pueda saber si alguno de los cuerpos es el de un familiar; mientras tanto continuarán los trabajos de exhumación de fosas, reclamando justicia para los miles de cuerpos de desaparecidos que permanecen a pocos metros bajo tierra, en campos y caminos del estado español.

(francés)

La mémoire enterrée. Exhumation à « La Mazorra », Burgos.

Agée de 88 ans Luisa est venue de Paris dans l’espoir de retrouver les restes de son père, présumé enterré à « La Mazorra », Burgos, avec dix autres hommes et deux femmes.

Alors qu’elle avait 13 ans, le 18 novembre 1936, dans la vallée de « Valdiviesco », les « Falangistas » libérèrent les prisonniers de la prison de Villarcayo. Ces prisonniers, qu’ils assassinèrent, étaient résidents de « La Merindad de Sotoscueva , Burgos ». Orpheline, Luisa resta responsable de ses frères.

Les restes des victimes demeurent depuis lors dans le port de « La Mazorra », les mains liées, à quelques 50 mètres de la route qui mène de Burgos à Valdenoceda. Ils demeurent aussi dans la mémoire du conducteur d’autobus de ligne qui fût pratiquement témoin des faits, ainsi que dans celles des familles et voisins des disparus. Depuis la mort de Franco et jusqu’à il y a quelques années, des dizaines de bougies illuminaient chaque nuit ce champ proche de la route.

Du 5 au 8 mai, une équipe de volontaire appartenant à la « Sociedad de Ciencias Aranzadi » coordonnée par le médecin légiste Paco Etxeberria, a exhumé les corps des 13 victimes de représailles. Malgré l’impressionnante pluie tombée durant la nuit du vendredi le travail a été mené jusqu’au bout. Dès le premier instant, Pedro, le fils d’un disparu et sa nièce, Elisa, sont restés auprès d’eux. Le samedi des dizaines de membres des familles se sont rendus sur les lieux afin de fournir leur ADN aux membres de « Aranzadi », dans l’espoir que l’on trouve cette fois-ci parmi les restes, ceux des leurs.

L’exhumation a été réalisée en recherchant dans un premier temps la localisation des fosses (fosses toujours illégales de nos jours) grâce aux indications des habitants de la zone. Après localisation des fosses, les corps ont été déterrés en notant le nombre d’individus et en précisant s’ils avaient été tués sur place ou s’ils avaient été déplacés jusque là ; et en analysant les traces de tires au niveau des crânes ou d’autres parties du corps comme les jambes ou les épaules, possibles préalables à leurs mort. Une fois les squelettes exposés à l’air (nettoyés de la terre) et pris en note leurs localisations et positions, l’équipe d’ « Aranzadi » et ses collaborateurs ont procédé à leur extraction individu par individu afin de réaliser postérieurement à leur identification. Par ailleurs, comme le souligne Paco Etxeberri, le fait que la plupart des fosses soient situées là où le soulèvement a réussi alors qu’il n’y a pas eu de guerre démontre qu’il s’agit de véritables assassinats d’arrière ligne.

On évalue sur l’ensemble du territoire espagnol à environ 130 000 le nombre de disparus ayant un nom et un prénom, parmi lesquels la « sociedad Aranzadi » pourra identifier 10 à 20 % Il faudra du temps avant de savoir si les corps sont ceux d’une personne connue; cependant les travaux d’exhumation des fosses se poursuivront et la justice sera réclamée pour les milliers de corps des disparus qui se trouvent encore à quelques mètres sous la terre des champs et des chemins de l’Etat Espagnol.

Mai 2011

Fotografías de Alvaro Minguito | Creative Commons Compartir Igual | Seguir la vida del sitio RSS 2.0